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ca se trouve vers où en Espagne ce grand réseau ?
De belles explos, certainement très peu partagées...,allez hop au clavier
Le mieux serait d'ouvrir un autre fil de discussion pour ceux qui feront des recherches dans quelques années
Je commence à synthétiser la fin du récit de la Cueva Buchaquera
A bientôt
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J'ai plongé à la Gandara avec Patrick Degouve en 88, on a fait un bout d'explo. Cette année là, il a plu comme il personne n'avait vu depuis 10 ans. Moi qui m'attendait au désert, on se serait cru en Bretagne, avec toutes ces fougères.
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Salut,
L'influence de l'océan se fait sentir dans les Cantabriques il pleut régulièrement comme dans les hautes Pyrénées. Désolé Eric nous avons dévié du sujet.
J’attends avec impatience la suite de la Cueva Buchaquera.
A+
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Pas de souci, on est toujours dans la spéléo d'exploration...et dans de la situation vécue
Je vais essayer de terminer ce WE, comme cela ensuite on pourra discuter sans trop "polluer" le sujet de départ
ou alors j'ai une autre idée... ouvrir un sujet "blabla spéléo"
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En 1986, le camp d’été accueillera plus de 30 spéléos de 15 clubs différents ! 2 clubs vosgiens et 13 du sud et sud-ouest de la France se retrouveront du 14 au 30 juillet.
Le but de cette nouvelle expédition était de :
- Continuer les recherches entre – 500 m et le fond de la Cueva, notamment ce qui avait été vu les 2 années précédentes et une suite supérieure dans la galerie des Rem que j’avais vue en 1984 ou 1985 (je ne sais plus), en passant en oppo dans le méandre, très au-dessus d’un puits borgne de 10 - 15 m et environ 3 m de diamètre.
- Remonter l’amont de – 500 m (escalade)
- Revoir les puits dans la galerie supérieure
- Gouffre des Isards
- Grotte de l’Ours
- Gouffre du Pedrito (escalade)
- Grotte glacée trouvée en 1985
- Prospection
Afin de rester focaliser sur la Cueva, j’indiquerai le résultat des autres travaux en fin d’article.
Samedi 12 juillet : Nous sommes passés par le sud pour aller chercher le copain. Nous nous retrouvons sur l’autoroute des « deux mers » quand à un péage, nous voyons une voiture bardées de kit : « Vous allez en Espagne ?…. ». On venait de rencontrer une partie de l’équipe venant du Sud et d’Ardèche.
La voiture de collection du copain ayant eu quelques soucis + les embouteillages , on s’est perdus, mais pas d’inquiétude, nous avions convenu de nous arrêter chez nos « animateurs vosgiens » à Bielle à quelques dizaines de kilomètres du Pourtalet (frontière).
Dimanche 13 juillet : Nous quittons la France sous la pluie et le froid, après quelques courses nous arrivons sur la piste d’Acumuer, pas de baignade, le vent du Nord est trop froid.
Nous montons la piste sans trop de difficulté mais tout de même avec beaucoup de précautions.
Nous arrivons au camp, que de monde ! Ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. 3 ans pour voir si une galerie à - 550 m continue… c’est long + le reste à voir.
Nous montons nos tentes et on commence à manger. Extrait du compte rendu du copain : « …nous bectons un petit truc… Soudain une douleur me lance, à moins de 2 m de mon regard non pas une vipère, mais une fourchette acérée qui s’est fichée dans mon orteil. J’ai beau secouer le pied, elle ne partira qu’en venant aux mains et en vociférant un dictionnaire d’injures à l’égard de son propriétaire qui trouve que je n’avais pas à marcher sur la « table » !!! ».
Quelques-uns monteront du matériel à l’entrée, car demain commencera l’équipement.
Lundi 14 juillet : On a du mal à se tirer des duvets, le ciel est gris, il pleut.
Réunion de tout le monde pour faire connaissance et fixer les objectifs.
Extrait du compte rendu du copain : « Aussitôt, tels des fourmis en effervescence, les cordes et matériels s’amoncèlent sur le sol ; Petit à petit, comme par enchantement, de ce tas informe, des kits pleins à craquer et disciplinés viennent s’aligner comme des petits pains dans un ordre chronologique. Nous prenons les 3 premiers, fichtre ! Qu’ils sont lourds… ».
Cette équipe de 4 spéléos partira vers 15h pour équiper jusqu’à – 420 m. Une autre équipe partira à 18 h pour équiper le fond et commencer à voir la galerie de 1985 à – 550 m.
Ils se rencontreront à -240 m où ils feront une « bouffe » commune.
La première équipe ressort vers minuit et redescend de nuit au camp, la deuxième sortira un peu avant midi avec un TPST de 15h30. Suite à un oubli de la sacoche à spits, elle arrivera à descendre un petit ressaut avec un AN, elle sera stoppée par une voûte rasante peu engageante.
Mardi 15 juillet : repos pour la première équipe. La troisième équipe attend le retour de la deuxième équipe… Départ de la troisième équipe composée de 4 spéléos, un spéléo passera en néoprène la voûte, arrêt sur étroiture, avec bruit d’eau derrière.
Mercredi 16 juillet : Je ferai partie de la quatrième équipe, nous serons 4, dont 1 spéléo de la 1ère équipe et 2 de la 2ème.
Extrait d’un compte rendu : « Nous partons tardivement car nous avons eu la visite des gendarmes, puis des bergers. Il semble que nous sommes indésirables et qu’il faudra beaucoup de diplomatie pour ne pas être expulsés. Cela ne nous empêche pas de partir à 17h30. Sous terre nous croisons l’équipe qui revient de la voûte mouillante ou Dédé est passé et nous explique son cheminement. Nous, nous allons jusqu’à la galerie des Rem explorer une galerie qu’Eric a en partie explorée en 84. Nous faisons une halte alimentaire dans les Rem puis attaquons la première à coups de perforatrice. »
Pour bien comprendre ce qu’il va suivre, je vais resituer le contexte et l’action.
Le contexte : je suis dans une équipe de bons spéléos, mais qui me sont complètement inconnus. Nous avons comme objectif d’aller voir une galerie supérieure à la galerie des Rem qui elle, est déjà une galerie supérieure qui court-circuite la série de siphons de – 500 m et qui nous mène à la partie active du gouffre de – 500 à – 607 m.
Deux équipes cette année sont déjà passées par là, dont celle que nous croisons sous terre et qui nous a relaté leurs travaux.
L’action : Partis assez tard du camp à cause de notre effet de masse (beaucoup de camping-cars et voitures + tentes) qui a énervé les autochtones, nous entrons dans la cueva vers 19h.
Vers 21h00, mes coéquipiers désirent faire un arrêt « bouffe », on est à peine dans la descente, car la partie supérieure demande un certain temps d’explo.
Ce n’était pas dans mes habitudes club d’arrêter aussi tôt lors d’une explo. Ma coéquipière me dit avec l’accent du sud « nous on mange quand on a faim et on peut 7 à 8 fois pour manger pendant les explos ! ». Je me plie donc à cette nouvelle « coutume » qui ne me quittera plus par la suite…
Je me souviens que lors de cet arrêt, pour faire plus ample connaissance et découvrir les habitudes spéléos, on a parlé des couvertures de survie puisque je n’en avais pas vue une dans un casque.
« t’as pas de survie dans ton casque ? »
« Non, les couvertures de survie légères, c’est pas terrible et ça me gêne, j’en ai une épaisse que je mets dans la botte »
« ha bon… » et en me tournant vers le deuxième spéléo « toi aussi ? »
« oui »
Le troisième spéléo « moi, je ne la mets pas dans la botte, je la mets toujours dans mon kit »
Après la pause repas, nous voilà repartis… [Compte rendu déjà cité avant, je reprends donc la suite]. Nous équipons une main courante pour passer le puits borgne et nous continuons la galerie, quelques coudes, quelques passages étroits mais rien de bien méchant de souvenir, 4 pattes, debout… on arrive à une tête de puits au-dessus d’un méandre, on entend une rivière !
« c’est la rivière connue ou une autre ? »
« Je ne sais pas, le mieux c’est d’aller voir »
On équipe avec une grande corde, on est au moins à 40 ou 50 m du bas. On décide que c’est moi qui irai voir avec Jean-François. Si c’est la rivière connue, on remontera aux Rem par l’actif pendant qu’Alain et Arlette déséquiperont la première, sinon on continuera la première à 4.
Je descends, crie libre, je remonte un peu l’actif, ça ressemble vachement, mais ? Je descends l’actif et tombe sur une main courante avec une de nos cordes… M-rde, on est retombés sur une partie connue.
JF me rejoint et j’indique tant bien que mal à cause du bruit et de la hauteur que la corde peut être retirée.
Alors que je voulais attaquer la remontée, JF veut voir le siphon. « bon ok, je t’attends, moi j’ai pas envie de faire l’aller-retour, mais fais gaffe ça glisse ».
L’attente me parait interminable.
Après une vingtaine de minutes, alors que je commençais à me demander si j’allais déballer ma survie, la lumière revient.
« t’as vu le siphon »
« ouais, c’est chouette les cascades »
« bon, on y va »
« Je te suis »
On progresse une cinquantaine de mètres et j’arrive au pied d’une cascade, je regarde, pas de corde !
Elle est peut-être dans le flot d’eau ? Je passe la main contre la paroi, avec l’eau qui me tombe sur l’épaule : rien !
JF me dit « ils l’ont peut-être pas équipée cette année »
J’essaye une escalade, puis une oppo : de la savonnette « c’est impossible, peut être que le dernier qui est passé n’a pas fait attention en ôtant ses appareils et que la corde est coincée un peu plus haut ».
On allume nos électriques, on scrute, toujours rien.
Je demande à JF de me faire la courte échelle un peu en retrait de la cascade pour atteindre une prise et voir le dessus avec un plus d’angle et là je n’en crois pas mes yeux : je vois la corde lovée sur l’amarrage de tête de puits !!! « c’est quoi ce b-rdel ??? ».
Nous voilà « naufragés » dans un actif à -550 m dans un gouffre de montagne…
JF : « on va attendre, quand ils nous verront pas aux Rem, ils reviendront »
« t’es sûr qu’il ne vont pas remonter, en sachant que j’ai dit que c’était la bonne rivière ? »
« ouais, peut-être…mais je ne pense pas, on a dit qu’on se retrouvait aux Rem »
« on va se mettre sous nos survies »
« j’ai pas la mienne, elle est restée dans le kit au-dessus ! »
Pour quelqu’un qui soi-disant ne se séparait jamais de son kit, il faut que cela arrive quand il ne le faut pas ! (
Assis sur le kit vide de la corde d’explo, sur une margelle à quelques centimètres au-dessus du niveau d’eau, les pieds dans l’eau, à 2 sous une couverture de survie légère, nous attaquons l’attente…
Au bout de 10-15 minutes alors que je broie du noir et me vois attendre des dizaines d’heures si les autres remontent, JF s’endort sur mon épaule !
L’attente est encore plus longue, je ne peux plus discuter. Ce bruit de cascade où tous les 10 minutes, on croit entendre des voix, on soulève la survie car là c’est sûr il y a du monde… puis rien... à part un grand coup de froid !
Extrait du compte rendu de l’autre partie de l’équipe, après avoir retiré la corde du fossile : « Arlette et Alain explorent un autre puits fossile puis retournent aux Rem. Après une certaine attente, ils descendent dans la rivière, mais ne poussent pas assez loin dans l’aval. Finalement ils décident de rééquiper le fossile et retrouvent les deux congelés. Retour aux Rem, de nouveau pause-café et retour vers la surface. Nous sortons à 9h45 (TPST 14h30) »
Nous sommes restés 2h30 à attendre.
Le fin de mot de l’histoire
C’est un spéléo de la troisième équipe (non, je ne dirai pas son nom… ) qui voyant la corde dans la cascade s’est dit « je vais la lover pour pas qu’elle s’abime », car dans son vécu spéléo il avait déjà vu une corde se « toncher » seule » dans une cascade ….oui, mais pas en si peu de temps !!!!!!
Bon à sa décharge, il ne pouvait pas deviner qu’on pourrait se retrouver derrière ce puits sans le descendre préalablement…
Au camp, il y a eu la visite de la Guardia Civile , notre présence est indésirable.
Deux spéléos parlant espagnols sont descendus en ville pour négocier. En attendant, des voitures sont descendus plus bas et nous nous reconcentrons un peu plus géographiquement pour que la vision du camp soit plus restreinte.
A suivre
Dernière modification par Eric P88 (12/01/2014 21:52:14)
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Suite et fin de l'historique (tout du moins de mon côté, car j'ai vu sur le net que des Espagnols ont fait des colorations)
Jeudi 17 juillet : Sur le chemin du retour nous croisons 2 équipes, une de 4 spéléos va au fond et commencer l’escalade de l’amont à – 500 m, l’autre également de 4 spéléos va reprendre les puits d’entrée.
Pour nous, c’est repas, toilette et sieste, puis après redescente de la voiture pour faire plaisir aux Espagnols.
Vers 20 h, retour de l’équipe « entrée », ça continue !
Quant à l’équipe du fond, extrait d’un compte rendu : « Au bout de la galerie des Rem, nous remontons un départ latéral afin de vérifier si on ne peut pas court-circuiter la première cascade de l’amont. D’une lucarne étroite nous entendons le bruit des embruns en contre-bas. Nous reviendrons, auparavant nous voulons voir le nouveau réseau. »
Lors de la visite du nouveau réseau à – 550m, extrait d’un compte rendu : « …une petite galerie annexe (comme il y en a tant ici) attire notre attention. Nous y fonçons et assez vite nous arrivons en opposition au sommet d’un puits d’une quinzaine de mètres, aux parois lisses comme glacées, qui débouche dans une galerie imposante où nos pierres font « plouf » ! Pas de spit !!! …. »
Deux spits seront plantés, le puits descendu.
Au fond un siphon se contourne par un pendule, grande galerie et après un coude de nouveau arrêt sur siphon.
L’équipe un peu déçue repart aux Rem pour l’escalade.
Extrait d’un compte rendu : « La lucarne est purgée d’un bloc instable, d’une bonne centaine de kilos, qui tombe dans un fracas assourdissant. On y voit mieux, 10 m plus bas il y a un large palier qui est le sommet de la première cascade. En amont la rivière se divise en deux : un réseau pseudo-horizontal dont l’origine doit être la suite du « siphon des Espagnols » et l’autre, un réseau ascendant qui commence par une cascade de 14 m environ dont le sommet se trouve à quelques mètres au-dessus de nous. Je plante les premiers spits à la perceuse qui commence déjà à faiblir ! ».
Un spéléo reprend et passe en libre un passage délicat pour arriver à un palier et reprend un bon vieux tamponnoir pour continuer.
Il installe une main courante pour être rejoint. Ensuite encore une cascade de 3 m franchie, palier glissant avec un beau bassin au pied d’une cascade de 4 m aux parois lisses et vision d’une autre cascade de 2 m. L’artif est commencée, mais seul celui qui plante les spits à chaud, les autres sont gelés, ils décident de remonter en surface, la cascade n’est pas franchie.
Départ vers minuit des Rem avec les accus vides dans le kit, l’équipe ressort à 5 h, puis descente au camp.
Vendredi 18 juillet : Nettoyage, rangement et repos pour la majorité des spéléos, toutefois une équipe continue les travaux dans le puits de la galerie d’entrée : 60 m de progression sur un toboggan, arrêt par manque de matériel.
Prospection et grotte de l’Ours pour d’autres.
Samedi 19 juillet : une arrivée et premiers départs pour certains spéléos, descente en ville pour les accompagner, se restaurer et quelques courses.
Certains spéléos visitent le début de la Cueva + photos et d’autres partent à Villanua en repérage d’un nouveau camp si nous devons être expulsés.
Dimanche 20 juillet : une équipe de 5 spéléos repart à 11h pour la suite du toboggan, arrêt sur flaque d’eau, blocs et parois après une très grande longueur de toboggan calcaire/grés d’environ 200 m, retour vers 22 h. Une équipe de 6 spéléos partent équiper le Pedrito à 11h30, retour vers 21h30.
Une autre équipe de 6 spéléos dans laquelle je suis part vers 15 h, après 5 h de préparatifs, pour travailler au fond de la Cueva, retour au camp le lendemain vers 17h.
Extrait d’un compte rendu : « A 17 h nous pénétrons sous terre. Nous descendons rapidement jusqu’aux Rem. Là, nous déjeunons un brin, puis nous nous séparons. Eric et Nino vont continuer l’amont. Arlette et Alain passent la voûte mouillante pendant que Jean-François et Denis ramènent le matériel qui traîne dans les galeries. Les deux « plongeurs » descendent au terminus « Dédé ». Le bloc est déplacé, Alain progresse de 2 m, puis étroiture semi-noyée infranchissable qui donne le signal du retour. Alain escalade la cascade à l’amont et bute sur un siphon. Désescalade et retour vers la voûte mouillante. Topo à partir de la voûte mouillante jusqu’au point 8, sommet de l’escalade. Là, les autres nous rejoignent, ils ont équipé l’aval jusqu’au siphon terminal. Ils remontent aux Rem. Alain et Arlette vont au siphon et remontent en déséquipant jusqu’aux Rem. Là, une petite pause alimentaire et nous repartons en déséquipant. Nous laissons 5 kits à l’amont du méandre qui précède le puits noyé et remontons ave un kit chacun. Nous sortons à 16 h (TPST : 23 h). »
Escalade de l’amont à -500 m : c’est moi qui ai repris la suite de l’escalade de la cascade de 4 m.
Ensuite nous avons franchi celle de 2 m qui faisait en réalité environ 5 m et encore une autre de 3 m. Après nous avons pris pied dans un méandre fortement incliné, en inter-strate, réseau assez jeune avec de la roche très acérée.
J’ai progressé d’une cinquantaine de mètres en louvoyant entre les creux du plafond et ceux du plancher, tout en prenant de l’altitude. Le copain étant resté au sommet de la dernière cascade, je me suis arrêté sur passage étroit (mais qui devait certainement passer en faisant quelques efforts) avec vision de la suite sur plusieurs dizaines de mètres comme le cheminement d’avant.
L’actif coule au pied du méandre.
En tout, c’est donc 5 cascades de franchies pour un dénivelé d’au moins 50 m.
Lundi 21 juillet : une équipe de 2 spéléos part vers 10 h pour le puits de la galerie d’entrée de la Cueva, exploration d’une arrivée haute et quelques diverticules, retour vers 20 h.
Une autre équipe part pour les Isards, plus d’espoir de poursuite. Une équipe de 4 spéléos part en prospection rive gauche du Rio Aurin. Quant à l’équipe du fond de la Cueva, premier objectif lavage corporel, bon repas et une bonne nuit !
Mardi 22 juillet : Repos pour l’équipe du fond. Visite de la Cueva par quelques Espagnols accompagnés par 5 spéléos du camp. Promenade et prospection pour 12 autres spéléos.
Mercredi 23 juillet : Une équipe de 3 spéléos descendent chercher des kits à – 450 m et font des prélèvements d’eau au passage dans la rivière. Une équipe de 3 spéléos font la grotte de l’Ours, quant à moi je repars avec Nino, Alain et Arlette pour reprendre des escalades dans le Pedrito et essayer enfin de trouver le trou Souffleur…
Descente dans le gouffre, escalade et sortie dans la nuit. Bivouac sous couverture de survie.
Jeudi 24 juillet : redescente dans le Pedrito dès le matin, fin des escalades, sortie du gouffre vers 17 h. Après une collation, recherche du trou Souffleur. On trouve une cavité qui semble être la bonne, on redescend au camp. D’autres spéléos ont fait de la prospection.
Vendredi 25 juillet : Préparatifs de départs pour une famille et les 3 Vosgiens, dont moi. Une équipe de 3 spéléos vont au Pedrito.
Une équipe de 6 spéléos retournent à la Cueva pour terminer le déséquipement. Une autre équipe de 2 spéléos vont topographier le nouveau toboggan et déséquiper la zone.
Samedi 26 juillet : Préparation du matériel pour le Trou Souffleur, mais il pleut fort, sortie remise au lendemain.
Dimanche 27 juillet : Le gros de la troupe part pour la grotte Glacée, une équipe de 3 spéléos part pour le Trou Souffleur…ce n’est toujours pas le bon !
Recherche pendant plusieurs heures suivant les indications peu précises : toujours pas de trou… A 16 h, abandon et l’équipe rejoint les autres à la grotte Glacée. Ensuite tout le monde redescend dans la zone du Pedrito, nouvelles recherches….abandon à 21h… à se demander si ce Trou souffleur existe ! descente au camp.
Lundi 28 juillet : Une équipe de 5 spéléos retourne à la grotte Glacée, d’autres repartent en prospection sur le plateau sommital et d’autres suite à un problème médical, descendent en ville, retour tardif de tout le monde.
Mardi 29 juillet : préparation du départ, rangement, visite de la grotte de l’Ours et prospection.
Mercredi 30 juillet : Une équipe visite et déséquipe le Pedrito et pour les autres, départ en passant par les résurgences de Villanua pour un prélèvement d’eau.
Jeudi 31 juillet: Fin du camp et derniers départs.
Résultat des travaux dans la CUEVA BUCHAQUERA
Dans la zone à – 550 m, plusieurs centaines de mètres de galerie avec plusieurs siphons.
Dans la zone à -500 m, escalade de l’amont sur plus de 50 m de dénivelé, environ 100 m en plan. Galerie fossile dans les Rem qui retombe vers – 530 m, environ 150 - 200 m.
Dans la zone d’entrée, les puits descendent à – 200 m avec environ 200 m de galerie.
Malheureusement, les topographies effectuées n’ont pas été communiquées à tous les participants et je ne sais pas si tous ces travaux ont été recensés et communiqués aux Espagnols.
Je communiquerai le croquis des escalades car nous n’avons pas fait la topo de cette zone. Il me semble avoir vu la topo de la zone d’entrée, je ferai une nouvelle recherche dans mes papiers, car il me semble avoir reçu après quelques années et demandes cette partie et les relevés chiffrés de la zone du fond, mais sans les dessins.
Le développement de la Cueva dépasse certainement les 3 000 mètres.
Si quelqu’un de l’expé 1986 possède ces éléments ou pense pouvoir les obtenir par connaissance d’un membre ou d’un club, merci d’intervenir sur ce fil ou/et de m’envoyer les données.
Résultat des travaux dans les autres cavités
Gouffre des Isards : plusieurs explos et désobstructions : peu d’avancées, plusieurs m3 de cailloux déplacés.
Grotte de l’Ours : plusieurs explos et désobstructions : peu d’avancées, arrêt sur trémie.
Gouffre du Pedrito : 40 m d’escalade en libre et artif, au-dessus du puits noyé : pas de suite, le départ de galerie n’est qu’une niche de quelques mètres. Un peu plus loin, nouvelle escalade en libre, artif et lancé de corde, une belle galerie qui retombe au puits noyé…
Grotte Glacée : Continuation sur 100 m, arrêt sur une zone de broyage.
Prospection : encore une dizaine de cavités trouvées, dont 1 remontante, mais rien de conséquent.
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En 1988, plusieurs spéléos qui étaient venus en 1986 décident de refaire un camp d’été et poursuivre des travaux sur le massif et notamment par des analyses d’eau avec du matériel portatif.
Malheureusement l’accueil fut encore plus sévère qu’en 1986 et ils n’ont pas pu s’installer, malgré des autorisations préalables…
Ils sont allés dans l’autre vallée, mais du coup la Cueva était trop loin de leur base.
CONCLUSION
La Cueva Buchaquera restera pour beaucoup de Vosgiens, puis ensuite pour d’autres spéléos, une magnifique aventure sur un massif tout aussi magnifique.
Les interclubs de 1985 et surtout 1986 ont permis non seulement de mener à bien les explorations, mais ça été aussi un partage de techniques et un partage humain, de nombreux spéléos sont restés amis… et ont vécu de bien belles explos par la suite sur d’autres massifs.
J’espère que ce fil de discussion soit vu par des spéléos Espagnols ou Français qui habitent pas trop loin de la frontière, car je suis certain que la Cueva est loin d’avoir livré tous ses secrets.
Je vais essayer de retrouver mes diapos de la galerie d’entrée pour agrémenter un peu tout ce texte !
J'aurais pu raconter bien d'autres anecdotes, mais il est impossible de tout mettre...
J'espère que cet historique soit utile pour certains spéléos ou historien et pour l'avenir des recherches, mais à défaut que ceux qui l'ont lu ait passé d'agréables moments
N'hésitez pas à réagir ou à poser des questions.
Eric
Dernière modification par Eric P88 (13/01/2014 21:53:23)
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Pas beaucoup de réactions !
Quelques photos de la partie horizontale (entre l'entrée et la salle de la Cascatelle : plusieurs centaines de mètres avant de commencer la descente...)
Pour les couleurs, ce n'est toujours pas "tip-top", petit scanner pas cher à diapos
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Le responsable de l'expé de 86 s'étant inscrit sur le forum, j'ai pu renouer le contact
Merci André pour l'envoi des topos de la découverte proche de l'entrée : un toboggan qui fait suite aux deux puits parallèles P55 et P40 qui avaient été vus "sans suite facile" en 73.
Ma 4ème photo (avant ce message) est réalisée au-dessus d'un des 2 puits
Pour ce qui est la topo du fond, j'ai bien peur que les données soient perdues Rageant quand on voit le travail effectué dans des conditions difficiles !
Dernière modification par Eric P88 (06/03/2015 22:22:59)
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des news de ce massif de pena nevera (ou de collarada) a Villanua...
le club litera montana de Binétar travaille sur ce massif ou ils y sont depuis quelques années, cette année il y avait également un club de Saragosse qui y est passé.
sur la grotte de las Güixas le second siphon a été plongé et arret sur un troisième.
sur la resurgence sima del rebéco, les deux siphons ont été plongés par des spéléo de Barcelone, nous attendons la topo.
litera montana, est je pense sur une tête de réseau ou il pourrait etre sur un - 1000...
ils ont revu l'aven de Marañan, - 200 avec Yves André du 65.
toujours ce club qui va revoir l'aven pedrito et trou souffleur qui devrait jonctionner et certainement une tête de réseau Est.
de l'autre coté, Lecherines, les spéléo de Saragosse sont sur du - 800 sur deux cavités, la résurgence a été plongé mais les plongeurs n'ont pas osé passer à travers un éboulis...
nous avons la doc francaise mais il manque les années 64 à 68, si vous avez nous sommes preneur et avons la doc espagnols
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Super d'avoir des nouvelles de ce massif où j'ai passé de belles années spéléos et des camps d'été mémorables.
Au Pedrito, nous avions fait une escalade importante, je pense l'avoir mis dans le résumé.
Le trou souffleur : on n'a jamais trouvé l'entrée et les spéléos Lorrains qui connaissaient ne voulaient pas nous aider sur ce point car ils avaient "la haine" qu'on ait trouvé LE Gros trou du massif ! Même un trou important sur l'ouest vosgien n'a pas été divulgué dans cette même période
Pour les années 64 à 68 j'ai quelques infos dans le livre de C. Pérignon "18 années de spéléologie dans les Pyrénées Aragonaises". Livre que peu de personnes doivent posséder
Si nécessaire je peux faire un scan des pages concernées.
A+
Eric
Dernière modification par Eric P88 (26/09/2017 19:13:30)
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bonjour, nous discutons avec monsieur Prévost dont son père est l'un des explorateurs du souffleur que nous avons remarqué il y a peu. le bouquin de Perignon nous intéresse.si nous (français et espagnols) pouvions l'avoir.....
N étant pas familier avec ce forum, je ne peux vous y mettre la photo du trou souffleur et si vous avez la possibilité de me faire passer votre mail ? Merci
Dernière modification par dominik65 (27/09/2017 10:38:06)
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Ok, je vais voir pour une copie ou un scan.
Pour m'envoyer un courriel, il suffit de cliquer sur Courriel (colonne de gauche sous le pseudo); ça fonctionne bien et cela évite d'avoir des robots qui lisent les adresses mails sur les forums.
Après, je répondrai avec ma messagerie en privé.
A+
Eric
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Salut Éric
Il paraît qu'en Auvergne , ils appellent plutôt cela un " trou chou-fleur " plutôt qu'un trou souffleur ...
Allez savoir pourquoi !!
Okaaaaaaaaaaay !!! Je soôôooooors ...
Vais encore me faire des amis , moi ...
À pluche !!
Titou des Garrigues 😎
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