Avec l'aimable autorisation des protagonistes qui avaient entamé ce dialogue au café du commerce...
Andre de ROY a écrit:
Cela fait longtemps que je me pose la question en terme de racines latines :
pourquoi Biospéologie et non pas Biospéléologie ?
Michel WIENIN a écrit:
Le grec (ancien) possède trois termes issus de la même racine SPE pour désigner les lieux souterrains, habitats de dieux et d’esprits, donc sacrés par nature. Le Bailly, dico qui est quand même une référence en la matière, donne :
-To SPEOS : antre, caverne (forme simple). C’est le mot normal pour une salle souterraine naturelle ou artificielle (temple souterrain)
-To SPELAION : caverne, grotte, cavité… (forme dérivée : étymologiquement diminutif)
-ESPELUGX (prononcer spèlunx) : caverne, antre, grotte… (forme dérivée : étymologiquement quelque chose en rapport avec le speos, qui y conduit…)
L’accusatif (la forme du mot quand il est complément d’objet direct) de ce dernier terme est passé en latin pour donner SPELUNCA, à l’origine du nom d’une revue bien connue et d’un certain nombre de toponymes (Espélunque, Spelounque, Eplugues, Spelunche…etc.)
Aux origines (fin du 19e s.), s’est posée la question de choisir entre la cohérence qui demandait de prendre deux racines de la même langue (-logie vient de LOGOS = discours en grec) ou la racine latine équivalente plus connue.
E.A. Martel a finalement choisi la seconde solution SPELEOLOGIE. Comme c’était un grand monsieur dans le domaine, la forme est restée. Viré l’a suivi.
Racovitza a préféré la première BIOSPEOLOGIE car il trouvait que « biospeleologie » était trop compliqué difficile à prononcer, ce qui est sans doute encore plus vrai en roumain qu’en français. Comme c’était aussi un grand monsieur dans le domaine, la forme est également restée.
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